DES Agora

Pétition pour le décret d'application sur les grossesses Distilbène®



version imprimable (PDF) sur le site de Myriam

Monsieur le Président de la République Française,

Il est temps que l'Etat français assume aujourd'hui ses responsabilités face au problème du diéthylstilbestrol (DES). L'Etat Français a, hier, continué d'autoriser la commercialisation du DES jusqu'en 1977 alors qu'il était déjà interdit aux Etats-Unis en 1971. Aujourd'hui l'Etat Français a les moyens d'aider très rapidement les victimes que nous sommes.
Une lueur d'espoir est en effet apparue dans nos vies de filles exposées in utero au DES quand enfin les parlementaires ont adopté, malgré les réticences exprimées par le ministre de la santé, un article nous concernant dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité Sociale pour 2005 :

Article 32 (JO du 21/12/2004)

Par dérogation aux dispositions prévues par les articles L. 122-26 du code du travail et L. 331-3 du code de la sécurité sociale, les femmes dont il est reconnu que la grossesse pathologique est liée à l'exposition in utero au diéthylstilbestrol (DES) bénéficient d'un congé de maternité à compter du premier jour de leur arrêt de travail dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat.

Cet article de loi représente pour nous en premier lieu un premier pas vers la reconnaissance du problème qui nous touche et également la fin de préjudices financiers importants lors de nos grossesses. La plupart d'entre nous doivent en effet rester alitées tout au long de leur grossesse afin de les mener à leur terme (ou au moins à un terme le plus avancé possible), ce qui implique des pertes salariales très importantes liées à leur arrêt de travail. Je vous rappelle que nous sommes des victimes et qu'il nous parait vraiment injuste de devoir subir des difficultés financières en plus de toutes les souffrances morales et physiques que nous endurons.

Nous tenons également à attirer votre attention sur le fait qu'il nous est très difficile (voir impossible pour certaines) de prouver notre exposition in utero au DES. Nous n'avons en effet pas ou très difficilement accès aux dossiers médicaux de nos mères (et dans certains cas, ils ont été détruits). Il est indispensable pour nous que seule une attestation de nos gynécologues suffisent à prouver notre exposition in utero au DES.

Malheureusement le décret d'application de cet article de loi n'est toujours pas paru, rendant impossible l'application de ce dernier. Depuis le vote de cet article de loi, l'une de nous a accouché d'une petite fille à 26 semaines de grossesse, une autre s'est vue faire sa huitième fausse couche sur son lieu de travail, une autre encore a perdu son bébé à six mois et demi de grossesse et certaines attendent sagement allongées que leur bébé naisse le plus tard possible.

Ce décret d'application doit donc paraître au plus vite. Chaque jour qui passe voit en effet la liste, déjà trop longue, des échecs s'allonger et, pour les meilleurs des cas, s'allonger également la liste des enfants nés grands prématurés.

Nous vous supplions donc, Monsieur le Président, de veiller à ce que ce décret paraisse très rapidement. Ce que nous vivons tous les jours, c'est l'urgence du combat pour la vie. Merci de nous soutenir dans ce combat.

Vous trouverez ci-joint à cette pétition les témoignages des filles DES signataires ainsi qu'une attestation sur l'honneur de leur mère disant qu'elle a pris du DES au cours de sa grossesse. Une copie de cette pétition sera également envoyée au Ministre des Solidarités, de la Santé et de la Famille.

version imprimable (PDF) sur le site de Myriam

Retour à  l'accueilAccueil Accès au forum Participants Actions FAQ Lexique Liens Archives Contact

Mise en ligne le 8 mars 2003 Dernière mise à jour le 24/03/2005